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Nouvelles / News

Ce qu’on ignore à propos du streaming de musique… mais, qu’on devrait savoir!

Spotify a récemment dévoilé son wrap annuel par lequel il nous indique, à nous, artistes du secteur de la musique, le nombre de streams que nos chansons ont eu au cours de l’année et le nombre de personnes qui nous ont écoutés. En parallèle, les abonnés aux plateformes de streaming en ligne reçoivent aussi leur bilan et découvrent les artistes qui les ont fait vibrer toute l’année. Malheureusement, ces artistes ne sont pas rémunérés à la juste valeur de ces écoutes.

La semaine dernière, l’artiste Damon Krukowski prenait la parole dans The Guardian pour dénoncer ce que cette compilation ne dit pas : les artistes méritent d’être mieux payés pour toutes ces écoutes. 

Au même moment, Artisti, dont je suis la présidente, lançait une campagne de mobilisation pour dénoncer la distribution injuste des redevances et demander une réforme de la Loi sur le droit d’auteur. En fait, les artistes interprètes du secteur de la musique ne bénéficient pas d’une juste rémunération lorsque leur musique fait l’objet de streaming à la demande (le type de streaming qu’offrent les plateformes payantes et qui permet de faire jouer immédiatement une chanson spécifique sur l’appareil de son choix). Ainsi, Damon Krukowski avance que le maximum qu’une piste sonore peut générer sur Spotify est 0,003$ US (0,00406$ CA).

De cette minuscule somme, pratiquement rien ne parvient aux artistes interprètes!

En effet, les sommes versées par les plateformes ne sont pas versées directement aux interprètes, contrairement à ce qui est fait pour les auteurs de la musique (paroliers et compositeurs). Dans le cas des interprètes, les versements passent auparavant par une cascade d’intervenants (distributeur, maison de disque et producteur).

Chaque intervenant prélève la part à laquelle il estime avoir droit. À la fin de la chaîne, il ne reste que des miettes pour l’artiste interprète.

En bref, si l’artiste mis en vedette reçoit des sommes pour cette forme de streaming, il s’agit souvent de sommes dérisoires. Quant aux artistes accompagnateurs (les instrumentistes et choristes qui l’accompagnent), ils ne reçoivent rien pour le streaming à la demande de leur musique, car les contrats qui les lient aux producteurs ne prévoient aucun versement de redevances.

La rémunération déficiente pour les artistes interprètes dont la musique est écoutée à la demande se vit à l’échelle mondiale, mais trois pays y ont trouvé une solution.

L’Espagne, la Belgique et l’Uruguay ont prévu des mécanismes pour que les artistes interprètes reçoivent une rémunération plus équitable. Pourquoi le Canada n’en serait-il pas capable, lui aussi?

Le problème de la rémunération du streaming ne pourra pas être réglé par les plateformes de streaming. Leurs propositions ne feront pas en sorte que l’argent parviendra jusqu’aux artistes interprètes. Il faut plutôt que le paiement aille directement à ceux-ci ou à la société qui les représente. Pour ce faire, le gouvernement fédéral a le pouvoir de changer les choses en modifiant la Loi sur le droit d’auteur afin d’y prévoir un droit à rémunération leur assurant des redevances pour chaque écoute de leur musique sur les plateformes en ligne.

Nous implorons la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, et le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, François-Philippe Champagne, de mettre fin à cette situation inéquitable le plus rapidement possible.

Nous encourageons le public à relayer notre message auprès des élus.

Au nom de la musique!